Le vendredi 29 juillet à 15h30

bruno leroyer – longues marches à travers l’Europe

Marcher après plusieurs mois devient plus qu’une routine, un besoin. S’arrêter! oui lorsque l’on est épuisé mais pas trop longtemps car l’envie de repartir est là. Même à travers la longue plaine de Castille, même s’il m’y a fallu parfois marcher au bord de routes droites interminables où les quelques véhicules qui passaient disparaissaient au loin quelques secondes après m’abandonnant dans cette hostile immensité, ce point d’horizon là bas, je l’enviais comme la plus belle des récompense pendant de longs moment avant de l’atteindre. C’est peut être ça la raison de mon envie de marcher, profiter de l’espace et du temps qui s’étire. On ne parle plus en minutes mais en jours, On ne parle plus de pays mais de régions voir de lieux.
Et même si l’on à l’air fatigué, miséreux, crasseux, pouvoir parcourir à pied de longs trajets pour lesquels l’avion semblerait plus approprié, avoir ses jambes comme seul moyen de déplacement devient un luxe incomparable lorsqu’on l’a choisi.
Puis finalement, lorsque l’on arrive au bout, lorsque la mer couvre l’horizon devant soit et qu’il devient impossible d’aller plus loin, on se dit que l’Europe n’est pas si grande que cela, qu’elle est à taille humaine. Elle est si belle et si diversifiée. Des forêts immenses, des églises austères en bois de l’Est, aux plaines arides de Castille, aux monuments baroques du Portugal, c’est une foultitude de paysage et de cultures que l’on découvre. Ses changements que l’on observe peu à peu au rythme lent de la marche, rendent le voyage toujours plus attrayant. Notre monde moderne nous aurait il rendu assez fou pour nous laisser à penser que l’on puisse apprécier tout cela en quelques jours.
Quel bonheur de savoir que l’on puisse faire ça à pied alors qu’il y a tant de moyen de le réaliser plus vite sans y prendre vraiment de plaisir. On pourra courir et rallonger les étapes cela restera un déplacement lent, et c’est ça la clé du bonheur, aller lentement, avoir le temps. En ce qui me concerne avoir pu prendre un peu plus de six mois pour réaliser cela est le plus beau cadeau que l’on ai pu me faire.
Aujourd’hui la perspective d’une randonnée de quelques jours où quelques semaines me semble bien fade, car au delà de la réalisation d’un projet il y a le temps, le temps que l’on s’accorde pour vivre autrement qu’à l’habitude. Alors pas la peine de me demander si je souhaite repartir, si je ne suis pas en chemin ma tête y est déjà. L’année prochaine la suivante ou bien celle d’après, peu importante, je partirai à nouveau à pied, sans doute encore à travers l’Europe pour tenter de mieux comprendre ce vieux continent où je vis.

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