Le vendredi 26 juillet 2024 à 15h30

Anouk Nathan et Dominic Orbette – De l’Atlantique à la Mer Noire sans assistance avec 4 mules

Nous sommes partis pour traverser tout un continent, pour parcourir un espace naturel, parcourir notre planète, un petit peu. Nous avons mis 3 ans pour préparer le voyage. La décision a été prise dans le Monde d’Avant, en 2019. Avant la COVID 19, avant qu’on aggrave la situation en Ukraine. Nous voulions rejoindre 2 océans : l’Atlantique depuis la France et le Pacifique au Kamtchatka, à l’extrême Est de la Fédération de Russie. Malgré les supplications de nos familles, malgré une crise écologique, économique, sanitaire et politique, nous sommes partis alors qu’un énième variant était annoncé. C’était en mars 2022 et il faisait froid et humide, nous étions peu entraînés et nous ne nous sentions pas à la hauteur du défi que nous avions choisi. Notre tracé est géographique ; nous le traçons au fil de l’eau, quelques centaines de kilomètres en avant et nous le changeons souvent. Nous avons longé les Pyrénées, traversé les Alpes pour atteindre l’Italie au niveau de Cuneo après avoir campé à 2500 m d’altitude. Il a ensuite fallu traverser la plaine du Pô avec la chaleur, les moustiques et l’agriculture intensive. Nous avons généralement reçu un bon accueil en Italie, avec entre autres la rencontre avec Giuseppe qui nous a accueillis alors qu’Anouk avait des problèmes de santé et le Pipi’s Ranch qui nous a convaincus de nous arrêter chez eux alors que nous commencions juste une étape. Nous avons fui la canicule en faisant un crochet par les Dolomites du Frioul, Campo di Bonis nous a accueillis et nous a offert la médaille de la ville ! Nous sommes ensuite passés en Slovénie puis par les plaines de Hongrie ou nous rencontrons Lajos Kassai, un champion de tir à l’arc à cheval, Bence, un fauconnier et Andras, un éleveur de chevaux créant une nouvelle race inspirée des chevaux des Huns : les Kunfakos ! Quelle émotion lorsque nous avons traversé le Danube ! Nous traverserons une rivière sur un bac en Roumanie, puis les Carpates en automne. Nous traverserons la Bulgarie en novembre et décembre, sans bât, avec juste un tarp, des duvets légers et de la nourriture pour une journée. C’est dans ces conditions que nous traverserons le Grand Balkan. Imaginez notre émotion lorsque nous arrivons sur les plages de la Mer Noire avec nos 4 mules, partis de la Vallée Verte en France ! Malheureusement, à cause de la guerre, il n’y a plus de bateau pour la Russie. Nous essayerons tout l’hiver de trouver un moyen de passer, par la Mer Noire ou par la Turquie. Hébergés par la sœur de Dominic en Bulgarie, nos mules seront en pension près de Burgas, tout près de la Mer Noire. Nous serons gardiens de nuit dans le centre hippique quelques jours par semaine pour économiser un peu d’argent. L’inadaptation des règles administratives pour le transport des chevaux, la rigidité de l’administration turque et le manque de motivation des Bulgares pour nous aider, nous ont décidés à faire demi-tour. Pourtant, nous avions les VISA pour la Russie et le soutien de la Société Géographique de Russie. Nous étions à 300 km d’Istanbul, à 300 km de l’Asie et nous avons dû faire demi-tour. Il aurait été possible de rapatrier nos mules en France et d’acheter des chevaux en Turquie mais nous voulions faire le trajet avec nos propres mules et tout notre matériel était adapté aux mules et non aux chevaux. Il n’y a pas de mules de selle en Turquie. Nous mules sont nos amies, c’est très difficile de voyager avec des équidés et il faut beaucoup les apprécier pour entreprendre un tel voyage. La relation avec nos mules est fondamentale et ce sont de jolies personnes, avec une gentillesse infinie mais des caractères bien marqués avec une bonne dose d’esprit de contradiction et d’humour.

Nous décidons de traverser toute la Bulgarie depuis la Mer Noire puis de passer par le Nord de la Grèce puis soit l’Albanie, Monténégro, Croatie, soit directement l’Italie par bateau. Nous partons au mois de mars. C’étaient les mois de mars et avril les plus pluvieux et les plus froids depuis 15 ans. Nous passerons les Rhodopes sous la neige. Juste avant la frontière, un chien des rues abandonne sa vie citadine pour nous suivre. Il a des yeux magnifiques et nous l’appelons Koutché, ce qui veut dire « chien » en bulgare. La Grèce est magnifique et sauvage et les Grecs sont extrêmement gentils. Nous sentons la présence des loups et des ours et nous aimons ça ! Il y a les vols de pélicans aussi. Nous faisons des papiers pour Koutché que nous adoptons et nous traversons tout le nord du pays par la montagne. Nous atteignons les criques de la Mer Ionienne avec nos mules. Nous traversons la mer par bateau avec les mules et arrivons de nouveau en Italie, à Bari dans les Pouilles. Afin d’avoir de l’herbe, de l’eau et de la fraîcheur nous privilégions la montagne. Nous suivrons le « Sentiero Italia » (sentiero CAI), la via Francigena, la via di Assisi, la via Romanea, le sentier européen E1 et d’autres routes. Il nous faudra souvent improviser et modifier notre parcours. L’aide des italiens nous est précieuse.  Comme Mario qui nous hébergera pendant 6 jours à Sulmona ou Alexandra qui nous hébergera 10 jours à Bibbiena, et tous les autres. On doit citer Paola, une extraordinaire voyageuse à cheval dont les conseils nous ont été précieux. Nous avons eu la joie de voyager un peu avec elle. Nous avons ainsi remonté tous les Apennins. C’est à l’automne que nous avons repassé les Alpes et rejoint la France. Nous en profitons pour faire le tour du Mont Blanc et passer par la Suisse. Nous aurons pu bénéficier des premières couleurs d’automne et des derniers jours de beau temps pour camper à 2800 m d’altitude. Ensuite ce sera 2 mois de pluie !

Nous avons touché 1 océan et 2 mers. Nous avons traversé 8 pays. Nous avons touché et traversé 6 chaînes de montagnes, soit plus de 3000 km de montagne pour un périple de 10000 km.

 

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1 heure Salle des fêtes